Tendre Guerre
C’est au petit matin blême, effroi…
Que j’ai glissé sans bruit
Tout en dehors du lit, trop gris.
Et dans un silence assourdissant
Je me suis rhabillé doucement
Gardant toujours un œil sur tes paupières closes, ecchymoses…
J’ai glissé lentement sur le parquet, regrets…
Faisant bien attention de ne pas t’éveiller
Tel le gardien de ton sommeil, je veille.
J’ai ouvert la porte qui n’a pas grincé
Et j’ai franchi le pas qui m’a emporté
Bien au-delà de toi, émoi…
Avant que la serrure ne se referme, épiderme…
Je n’ai pas tourné la tête une dernière fois
Sur nos amours passés pour toi et moi.
En descendant les escaliers serrés, acérés…
J’ai repensé à nos années blessées
Entre amour et guerre, je perds.
Alors je pars, mon beau guerrier, complainte…
Je t’abandonne à tes assauts, à tes attaques
Car pour ma part, c’est bien trop dur, je vaque.
Peut-être as-tu pleuré en t’éveillant, chagrin…
Mais tu auras sans doute compris, aigri…
Combien nos vies seront plus belles, sans nous…
Alors adieu à toi,
Plus d’yeux pour toi,
Pries Dieu pour moi.